Le président de la FIFA, Gianni Infantino, convoque ce mercredi une réunion stratégique au Maroc avec plusieurs hauts responsables de l’instance mondiale, dans un contexte de fortes turbulences internes. Selon Reuters, cette rencontre, organisée au bureau régional africain de la FIFA à Salé, vise à resserrer les rangs après l’échec d’un projet qui a profondément divisé les confédérations et les fédérations membres.
Présent au Maroc depuis plusieurs jours, le patron de la FIFA poursuit son séjour dans l’un des trois pays hôtes de la Coupe du monde 2030, aux côtés de l’Espagne et du Portugal. Il bénéficie notamment de l’appui de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), alors que la contestation prend de l’ampleur sur la scène internationale.
Une réforme abandonnée sous la pression
À l’origine de cette crise figure le projet de création d’une nouvelle structure chargée de gérer les droits commerciaux des compétitions de la FIFA. Le plan prévoyait la cession de 20 % de cette entité à des investisseurs privés afin de lever près de 4,2 milliards de dollars.
Cette initiative a rapidement suscité une vive opposition. Plusieurs confédérations ont dénoncé un manque de concertation, tandis que des interrogations sont apparues sur l’implication d’une société liée à la famille du président américain Donald Trump. Face à la montée des critiques, Gianni Infantino a finalement renoncé au projet vendredi dernier.
L’UEFA a toutefois maintenu la pression, accusant le président de la FIFA de vouloir « vendre l’âme du football » et affirmant ne plus avoir confiance dans sa gouvernance.
Une élection devenue plus incertaine
Cette séquence intervient à seulement sept mois du Congrès de la FIFA, prévu en mars prochain au Maroc. Gianni Infantino ambitionne d’y décrocher un quatrième mandat, qui pourrait le maintenir à la tête de l’instance jusqu’en 2031.
Si sa réélection semblait encore acquise il y a quelques semaines, le retrait du soutien de plusieurs fédérations européennes a rebattu les cartes et fragilisé sa position.
Des tensions jusque dans les rangs de la FIFA
La contestation ne se limite plus aux confédérations. En interne également, le projet a laissé des traces. Le secrétaire général de la FIFA, Mattias Grafstrom, a qualifié cet épisode de « triste et répréhensible », tandis que le directeur des opérations, Kevin Lamour, a estimé que le personnel avait été « trompé » dans la gestion de ce dossier.
La réunion organisée à Salé devrait permettre d’évaluer les options dont dispose Gianni Infantino pour préserver sa majorité avant le Congrès de mars. Selon Reuters, un Congrès extraordinaire pourrait même être convoqué si au moins 43 associations membres en faisaient officiellement la demande, un scénario qui témoigne de la profondeur de la crise traversée par la gouvernance du football mondial.


